Stéphane Dion brille par son absence lors du vote sur Kyoto
05 octobre 2006

Bien qu’il martèle dans sa course à la direction du Parti libéral la grande importance que revêt l’environnement et qu’il soit l’ancien ministre de l’Environnement qui chapeautait le plan des libéraux concernant le Protocole de Kyoto, le candidat à la chefferie Stéphane Dion (Saint Laurent—Cartierville) n’a pas jugé bon de prendre part hier soir au vote portant sur un projet de loi émanant d’un député libéral en faveur du protocole. Si le Protocole de Kyoto revêt une si grande importance pour M. Dion, pourquoi alors n’a-t-il pas pris part au vote ? Serait-ce parce qu’à la suite de la publication du rapport de la commissaire à l’environnement, qui condamne le bilan du précédent gouvernement en matière d’environnement, et de ses propres aveux selon lesquels le plan des libéraux concernant le Protocole de Kyoto comporte des lacunes, M. Dion n’était pas disposé à voter en Chambre sur un projet de loi en faveur d’un plan qui a échoué ?

Les faits

  • M. Dion a reconnu que les objectifs de son plan n’étaient pas clairement définis : En effet, M. Dion a reconnu que le plan du Parti libéral n’était pas très clair en ce qui a trait à la réglementation requise pour s’assurer que les grandes entreprises se conforment aux normes environnementales. (Globe and Mail, 15 avril 2005)
  • M. Dion a affirmé que le Canada avait accepté les objectifs de Kyoto seulement parce qu’ils étaient plus élevés que ceux des Américains : M. Dion a fait valoir le même argument, en ajoutant même, pour couronner le tout, que Jean Chrétien avait accepté ces objectifs contraignants seulement pour faire meilleure figure que les Américains. (Globe and Mail, 21 août 2006)
  • M. Dion a affirmé que le Protocole de Kyoto est trop bureaucratique : Le ministre de l’Environnement du Canada a affirmé que le Protocole de Kyoto est « trop bureaucratique », et que ses points faibles doivent être réglés si l’on souhaite que les États-Unis ratifient une nouvelle entente sur les changements climatiques. (Ottawa Citizen, 18 décembre 2004)
  • M. Dion a critiqué les autres pays qui n’ont pas d’objectifs à atteindre : Il a également affirmé qu’un trop grand nombre de pays n’ont pas d’objectifs, ce qui amène certains d’entre eux à « profiter de la situation ». (Ottawa Citizen, 18 décembre 2004)
  • M. Dion a affirmé qu’il n’y avait aucune certitude que les émissions de gaz à effet de serre avaient augmenté alors qu’il était ministre : « Compte tenu que les statistiques les plus récentes mesurent les émissions canadiennes jusqu’en 2004, il n’y a aucune certitude que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté alors que j’étais ministre de l’Environnement. Toutefois, il est fort probable que les émissions aient augmentées depuis 2004. » [TRADUCTION] (http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20060917.wlivelibsdion/BNStory/specialComment/?pageRequested=2)
  • M. Dion a affirmé que les ministres libéraux étaient préoccupés par leur propre plan en matière de changements climatiques : Il a déclaré que l’élection de M. Bush à la tête des États-Unis, ainsi que sa décision subséquente de soustraire son pays au Protocole de Kyoto, a créé un malaise chez les entreprises canadiennes et chez certains ministres par rapport au plan du gouvernement en matière de changements climatiques. (National Post, 1er juillet 2006)
  • M. Dion a affirmé que les objectifs du Protocole de Kyoto ne peuvent pas être atteints : Stéphane Dion a admis qu’un nouveau gouvernement libéral serait incapable de respecter ses engagements prévus dans le cadre du Protocole de Kyoto, soit de ramener les émissions de gaz à effet de serre en deçà des niveaux de 1990. (National Post, 1er juillet 2006)
  • « En 2008, je participerai au sommet de Kyoto, mais je ferai savoir aux autres pays que le Canada ne parviendra vraisemblablement pas à atteindre ses objectifs. Tout le monde parle des objectifs à atteindre, mais le Protocole de Kyoto, c’est plus que d’atteindre des objectifs. Il s’agit également de modifier l’économie. Il faut assurer la productivité liée à l’utilisation des ressources et l’efficacité énergétique, puisque nous savons que l’énergie sera la prochaine crise économique internationale. » [TRADUCTION] (National Post, 1er juillet 2006)

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